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Destruction massive Géopolitique de la faim de Jean Ziegler

Destruction Massive Géopolitique de la Faim de Jean Ziegler est un bon livre pour prendre la mesure du désastre qui subsiste encore de nos jours. En effet, il est difficile d’imaginer l’étendu de la catastrophe lorsque l’on n’a jamais été confronté à la sensation de faim prolongé et avec devant sois, moins de trois jours de provision.

Lire Destruction Massive Géopolitique de la Faim par Jean Ziegler, vous permettra d’identifier votre contribution possible à ce fléau qui touche encore aujourd’hui des millions de personnes dans le monde.  Comprendre les tenants et aboutissants et associer les actes à la volonté.

« Le don n’est pas la seul option, au travers de vos fonctions, projets vous avez la possibilité d’exercer votre responsabilité sociétale » -RSOpolitain

Voyons les enseignements que nous pouvons tirer de cet ouvrage !

Ne pas ressentir la sensation de faim, un droit humain

Jean Ziegler dresse le portrait du droit humain le plus fondamental pour l’Homme. Celui de manger. Celui pour chaque individu d’avoir la capacité d’apporter à son corps les calories suffisantes pour lui permettre de se régénérer chaque jour. Il explique également le phénomène de stagnation qui accompagne ce combat de tous les jours pour se nourriture. Se nourrire est à la base de pyramide de Maslow. C’est un besoin physiologique sans lequel l’Homme ou une société ne peut pas se construire.

La faim, une question Géopolitique

Sans tranquillité de l’esprit au niveau de l’approvisionnement de son alimentation, l’être humain, ou une société d’êtres humains ne peut pas se développer. C’est de cette manière que certaines civilisations restent en 2017 toujours esclaves et servent de mains d’œuvre bon marché. L’auteur nous rappel que « L’économie mondiale, surdétermine la lutte contre la faim. En 2009, la Banque Mondiale annonçait qu’à la suite de la crise financière le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (moins de 1,25 $/jour), allait très vite augmenter de 89 millions et les personnes pauvres (moins de 2$/jours) allait augmenter de 120 million. Ces prévisions ont été confirmés. […] les personnes les plus exposés à la faim appartiennent aux communautés rurales, souvent sans terres, des pays du Sud. »

Citation : Dieu n’est pas un paysan p85 et Géographie de faim p35)

L’alimentation, un droit humain. Cela semble si logique, si naturel que l’on conçoit difficilement qu’il fallu construire une société des Nations et attendre 1948 pour adopter la déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Jean Ziegler nous plonge dans la genèse de cette prise de conscience que l’on doit en partie au plan de destruction par la faim d’Hitler et de l’Allemagne Nazie. Malgré cet éveil des consciences et la création de la FAO et du PAM, la situation en 2017 est toujours catastrophique pour les pays les moins développés. Les choix politiques et les stratégies industrielles qui permettent aux pays développés de continuer à prospérer impactent fortement les pays les moins développés. Et l’on comprend que cela ne peut pas aller en s’améliorant tant les institutions mondiales, garantes du droit à l’alimentation, voient leur budget se réduire et les aides au développement aussi. Budget leurs permettant uniquement de payer les fonctionnaires et de sélectionner « ceux qui vont mourir »

Citation : Cf la nouvelle sélection p239.

La faim persiste par un manque de volonté des Etats

Nous pourrions résumer le raisonnement de l’auteur, obtenu à partir d’une large expérience du terrain et d’une bonne connaissance du fonctionnement du système économique et des institutions mondiales, comme cela : souhaitons nous réconcilier l’économie mondiale avec les productions d’aliments locaux ? C’est-à-dire, créer les conditions d’une harmonie entre les éléments naturels, l’Homme et son économie.

Outre le fait de dénoncer les ennemies du droit à l’alimentation, les raisons de l’échec et pourquoi notre système ne peut pas répondre au besoin qu’on tous les êtres humains de s’alimenter. Jean Ziegler s’attache à démontrer qu’il suffit de mettre en œuvre un certain nombre de mesures concrètes et collectives pour rendre effectif et justiciable le droit à l’alimentation. Et cela, sans remettre en cause le fonctionnement de notre système économique. « Il allait alors de soi, dans l’esprit des initiateurs du pacte sur les droits économiques, sociaux et culturels, que les peuples ne pouvaient laisser au libre jeu des forces du marché la réalisation du droit à l’alimentation. Des interventions normatives étaient indispensables : tels la réforme agraire partout ou sévissait l’inégale distribution des terres arables ; le subventionnent public des aliments de base aux profit de ceux qui ne pouvaient s’assurer d’une nourriture régulière, adéquate et suffisante ; l’investissement public, national et international pour assurer le préservation du sol et l’accroissement de la productivité (les engrais, l’irrigation, l’outillage, les semences) dans le cadre de l’agriculture vivrière ; l’équité dans l’accès à la nourriture, l’élimination du monopole des sociétés multinationales de l’agroalimentaire sur les marchés des semences, des engrais et en matière de commerce des aliments de base ».

Citation p123-4

Contrairement à ce passage que je viens de retranscrire et à la volonté des Nations Unies, l’auteur précise plus loin : « les seigneurs des trusts agroalimentaires, les éminents dirigeant de l’OMC, du FMI, les diplomates occidentaux, les « requins tigres » de la spéculation et les vautours de l’or vert, prétendent que la faim, phénomène naturel, ne saurait être vaincus que par la nature elle-même. Un marché mondial en quelque sorte autorégulé. Celui-ci créerait comme par nécessité, des richesses dont bénéficierait tout naturellement les centaines de millions d’affamés… »

Comment pouvons-nous, encore aujourd’hui, croire, ou faire croire en cette autorégulation et ses bien faits ? Laissez librement se former les prix sur des marchés mondiaux provoque radicalement des situations de chaos et pas uniquement chez les plus faibles. Notre société n’est pas adaptée aux changement brutaux. La terre non plus.

Je vous laisserai découvrir l’exemple du combat de box.

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Destruction massive une initiation à une agriculture durable

Qu’est ce qu’une agriculture durable ? Ce livre permet de bien comprendre que cela dépend du point de vue de chacun… Certaines multinationales vous répondraient que pour elles cela reviens à répondre au besoin mondial de l’alimentation. Et qu’une agriculture naturelle n’est pas capable d’apporter suffisamment de nourriture pour tous les Hommes. Que leurs responsabilité et donc d’assurer la sécurité alimentaire à la place des cultures locales comme on peut le lire sur leurs rapports annuels sur le développement durable.

Mais qu’en est t’il réellement ?

La nourriture, un bien public et non une marchandise

Cette phrase marque l’aboutissement d’un siècle de combat contre les idéologies néolibérales basées sur les préceptes Malthusien de la sélection naturelle.

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A mon sens cette phrase choque profondément notre monde civilisé actuel, nos modes de consommation surtout urbain (les campagnes reculées peuvent être restés dans une forme d’organisation paysanne vivant des activités de la ferme). Où toute la nourriture dont notre organisme a besoin pour fonctionner et nous maintenir en vie est Achetée dans ce que nous appelons des supermarchés. Il en existe de différentes tailles – taille qui par ailleurs conditionne le prix de nos aliments – plus le supermarché est petit et plus vous allez payer un prix plus élevé pour le même aliment. L’agriculture devient intensive et soumise à une productivité sans fin, à base d’engrais, de pesticides et de modifications génétiques. Elle est liée à des chaines de valeur internationales de transformation pour arriver tout bien emballée dans nos rayons. Pour maintenir le rythme, la spéculation sur les aliments de base n’a jamais été aussi prometteuses.

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La dette publique, un bon moyen pour conserver sa supériorité

Grace aux dettes contractées, les organisations mondiales telles que le FMI, l’OMC, la Banque Mondiale, mettent en place des plans d’ajustement structurels. Grossièrement, cela reviens à libéraliser les activités économiques d’un pays. Avec l’aide de l’état en place, des sociétés transnationales débarquent à moindre coûts via des passe-droits douanier et des subventions, chamboulent totalement l’ordre des choses, tirent le maximum de profits en payant le minimum de salaires, de protection sociale et d’indemnités.

Le travail devient une marchandise. Il devient donc soumis au jeu de l’offre et de la demande entraînant des conditions de travail indécentes. Les perdants « du match de boxe » sont les communautés locales qui n’ont pas les moyens de subsistance pour résister. Le comble c’est que cela se passe en toute légalité par l’action des gouvernements qui ne remplissent pas les objectifs qui leurs sont fixés par leurs fonctions « démocratique ». Qui est de servir et de protéger leurs peuples et non leurs intérêts personnels.

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Maintenir le système coûte que coûte même au prix de vies humainesOMD

Maintenir le système en place. Pour cela l’OMC, le FMI, la Banque Mondiale, les grandes entreprises et les banques sont prêts à maintenir dans un état de misère et de famine des millions de personnes plutôt que de déréguler le système de marché. Pourtant les chefs d’Etats et de gouvernement ont calculés que « pour conjurer les huit tragédies (Regoupés en OMD : Objectifs Mondiaux pour le Développement) – au premier rang desquelles la faim -, il faudrait mobiliser pendant quinze ans un montant d’investissement annuel d’environ 80 milliards de dollars. Et pour y parvenir, il suffirait de prélever un impôt annuel de 2% sur le patrimoine des 1210 milliardaires existant en 2010… ».

Citation p368

Bien au contraire, les états continuent de faire confiance à ce système quand il s’agit par exemple de trouver de nouvelles solutions énergétique pour faire face à la dépendance au pétrole avec l’or vert (agro carburant).

 


Ce qu’il faut retenir en terme de pratique responsable

Le droit à l’alimentation touche l’ensemble des questions centrales et des principes fondamentaux de la responsabilité sociétale. Pour les organisations du secteur de l’alimentation qui ont toutes à ce jour adoptées une politique de développement durable, ce sujet peut être le seul au cœur de leurs politiques.

Chacune des questions centrales peuvent être instruite à l’aune du droit à l’alimentation. S’il est bien identifié, compris et mis en pratique, il doit venir percuter les modèles économiques établis, les pratiques commerciales inter-pays et les schéma d’action des politiques publiques internationales.

Le statu-quo des opinions de chacun n’aura d’autre impact que de continuer à voir souffrir de faim des populations du monde et de voir s’aggraver la qualité des produits consommés et accessible à des prix toujours plus tirés. -RSOpolitain

Analyse systémique

En 1, Le droit à l’alimentation est fondamentalement un droit de l’Homme, inscrit dans la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 à l’article 25 et du « livre sur les droits économiques sociaux et culturels »;

En 2, Les difficultés d’établissement de ce droit proviennent des modes de gouvernances actuels;

Cela impact fortement en 3, les communautés et le développement local;

et favorise en 4, des pratiques non loyales;

Les impacts du non-respect de ce droit humain sur  l’environnement, en 5, et les consommateurs, en 6, sont importants et irréversibles pour les sols et les organismes humains. Ils entraînent des surcoûts souvent cachés;

Enfin le non-respect des droits à l’alimentation impactent, en 7, les relations et conditions de travail sur divers plans selon le secteur et le territoire d’activité.

Droit à l'alimentation

Synthèse de l’analyse

Les organisations qui prônent une démarche de responsabilité sociétale et agissent sur le secteur alimentaire doivent travailler collectivement sur la question de la gouvernance. La question qui demeure revient à nous demander si nous avons réellement la volonté de mettre « un grand coup dans la fourmilière » pour rendre le monde plus juste, plus équitable ? as-t ’on jamais réellement pensé à un autre mode d’organisation, moins inégalitaire ? est-ce qu’il nous permettra d’atteindre autant d’efficacité en terme d’innovation, de technologie ? est-ce qu’il sera plus respectueux des Hommes et de l’environnement ? Et surtout quelle institution inter étatique aurait les pouvoir de faire cela ?

Ce que recommande Jean Ziegler à partir des combats et travaux de personnes, comme celui mené par Josuè De Castro et bien d’autres, c’est « de confier à la CNUCED le contrôle mondial de la formation des prix boursiers des matières premières agricoles. Sur les marchés à terme, seuls, désormais, le producteurs, les marchands ou les utilisateurs de matière première agricole pourraient intervenir. Quiconque négocierait un lit de blé ou de riz, des hectolitre d’huile, etc., devrait également instaurer – pour les opérateurs – un plancher d’autofinancement élevé. Quiconque ne ferait pas usage du bien négocié serait, de fait, exclu de la bourse ».

Citation p330

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