Parole de terre

Parole de terre une initiation africaine de Pierre Rahbi

Loin de vouloir sortir du « système », Pierre Rahbi dans Parole de Terre, nous montre simplement la voie de notre survie au travers d’une initiation africaine.

Cet ouvrage permet de comprendre la Terre et de reprendre le sens de la réalité. Nous en avons fortement besoin car la terre ne pouvant parler et les Hommes ne sachant écouter, il existe un profond défaut de communication.

La Terre est pourtant la source de toute chose, elle est le fondement de notre subsistance. Toute dégradation est souvent irréversible et peut bouleverser des millions de vies humaines ainsi que des années de tradition et de culture.

« Le don n’est pas la seul option, au travers de vos fonctions, projets vous avez la possibilité d’exercer votre responsabilité sociétale » -RSOpolitain

Voyons les enseignements que nous pouvons tirer de cet ouvrage !

Le problème ne vient pas du « système » économique

Il s’agit de bien prendre la mesure des choses, il est trop facile de rejeter la faute sur le système. Pierre Rahbi n’est pas « anti-système ». Il n’est pas contre le système économique capitaliste.

Mais pour bien comprendre cela, encore faut-il s’accorder sur la définition de ce que l’on met derrière ce terme…

Quelques définitions

Le terme Capitalisme est composé du terme Capital. Il s’agit donc d’une économie basée sur le Capital. Mais encore ? Comment et pourquoi ?

C’est là que la plupart font l’amalgame et perdent le fil…

Une économie basée sur le capital, signifie que chaque individu peut constituer son propre Capital. C’est un modèle qui permet à chacun d’augmenter sa position sociale. Contrairement à un modèle communiste dans lequel tout appartient à l’Etat et où il est plus difficile de constituer sa propre richesse. Dans les deux cas, Capitalisme ou Communisme, c’est le travail qui est le moteur de l’économie. Il peut exister un de ces deux modèles sans pour autant qu’il existe un système économique de Marchés (et dans sa forme extrême, un système mondial de marché).

L’amalgame réside la précisément. Capitalisme ne signifie pas forcément économie de Marchés. L’économie de Marché, c’est la pensée unique, celle de quête du meilleur profit et imposé pour asservir les peuples qui n’ont pas les moyens de se défendre. Nous détaillerons ce point surement au travers de nos prochaines lectures…

Notre vision occidentale nous conduit à notre propre perte

Il est une chose de tirer un revenue de son travail en l’échangeant contre le fruit d’un autre travail, par l’intermédiaire ou non de la monnaie. Il en est une autre de travailler pour tirer un revenu qui permette à peine de manger. Pierre Rahbi pointe les effets pervers d’un système économique Capitaliste ou Communiste fonctionnant sans règles morales. Même si il reconnaît les bienfaits de ces systèmes économiques, les avancées sociales, l’accès à la sécurité face aux éléments naturels par des maisons, des servies publics, mais aussi l’éducation, la recherche, la santé, la culture et le divertissement,…

Il montre que le système de Marché nous conduit à notre perte. Car un système de Marché fonctionne sans autre règles morale que celles que l’individu veut bien s’appliquer à lui même. Un système de Marché nous conduit à notre perte, et pas seulement la vie des Africains ou des peuples des pays que l’on dit en « développement ». Mais également nos vie à nous, habitants des pays Occidentaux. La prise de conscience est dure, heureusement Pierre Rahbi nous propose une lecture romancée…

Parole de terre une initiation à une agronomie écologique

Parole de terre, pas de mensonge, ce qui est dit est dit. Il n’y a pas de retour possible. L’harmonie qui s’est installée d’elle-même en fonction des conditions de vie sera très difficile à retrouver si elle est bouleversée par l’action de l’Homme.

L’Homme demande trop au Sol, à la Terre

Pour bien comprendre les dangers que fait peser un système de marché sur l’agriculture, il est nécessaire de remonter aux bases. Pour dégager du profit, il faut nécessairement que le résultat de l’échange de son travail soit positif. Si cet échange s’effectue par le biais de la monnaie, les revenues doivent être supérieurs aux charges. C’est du classique me dirait-vous. Mais cette vérité dans une économie d’échanges monétaires pousse à la course aux profits, pour rentabiliser les capitaux investis. Et dans cette course qui n’a plus de limite, les règles sont simple. Il faut soit :

1. Augmenter le prix de vente de ses produits / services

2. Baisser les charges

3. Trouver de nouvelles affaires

L’une ou l’autre de ces trois actions contribue à augmenter les profits :

1. Augmenter le prix de vente est très risqué dans un contexte où la concurrence et l’innovation écarte très rapidement un produit / service dont le prix se situerai au dessus de sa valeur réelle (nous verrons surement à l’occasion d’une prochaine lecture ce qui se cache derrière cette notion de valeur réelle)

2 et 3. Baisser les charges et trouver de nouvelles affaires peuvent être regroupés dans le cadre de notre analyse du livre de Pierre Rahbi. Parole de Terre nous propose une initiation africaine pour nous montrer comment l’Occident à bousculer l’ordre naturelle pour baisser les charges et trouver de nouvelles affaires et ainsi faire fructifier des entreprises qui dégradent ce que leurs appartient pas.

A ce petit jeu, les Hommes regorgent d’idées et son prêts à engager toutes leurs énergie et leurs journées. C’est la course, tout le monde est tellement occupé à trouver de l’argent ou des moyens d’en faire plus, que la société au cours du XXème siècle s’est transformée. Les passions se sont calmées, le travail est devenu une nécessité absolue, les chaines de valeurs sont devenues mondiales. Le temps est devenu plus que jamais de l’argent or la nature ne peut pas normalement accélérer. Elle est en harmonie avec toutes les choses qui l’entoure et le climat de chaque territoire.

La contradiction est saisissante.

Outre le fait que les droits de nombreuses populations ne soient pas respectés, comme le droit à avoir un environnement saint, le droit d’entreprendre, le droit de manger, … l’Homme continue de trouver des solutions, des ajustements, pour continuer à alimenter un système économique de plus en plus déconnecté des produits échangés. La recherche du prix le plus bas par divers intermédiaires primant.

La Terre, la clés de la liberté des Hommes

« Nous avons compris que tout peuple qui ne pourvoit pas à sa nourriture perd sa liberté […] Et cette libération commence par notre nourriture, et notre nourriture commence par la terre »

Citation p 159

Cela semble logique. Dépendre des autres pour manger, c’est prendre le risque de manquer de nourriture, de ne pas avoir suffisamment d’argent pour acheter sa nourriture. Les techniques d’agricultures écologiques permettait aux anciennes génération une résistance aux aléas climatiques, aux sécheresses, au vents violant, aux pluies intenses. Avec l’appauvrissement des sols, le déboisement, et l’exportation des cultures, la capacité de résistances des population à chuté entrainant avec elle leurs liberté.

Pourtant tout le savoir est là. Accumulé par la transmission orale et écrite au fil des siècles. Mais la raison principale de l’inertie c’est que ces techniques respectueuses de la Terre ne sont pas compatibles avec la quête de profits rapide imposé par les Etats et les multinationales occidentales.

  • Laisser des parcelles se reposer => hors de question
  • Laisser les céréales pousser au rythme de la pluie et du soleil => hors de question
  • Faire de la pluriculturel => hors de question

Il faut du rendement pour que les profits existent. Par une économie d’échelle et l’unicité des cultures, les charges deviennent infimes par rapport au prix de vente. Sauf que le pendant de ce mode d’agriculture intensive c’est qu’un final les charges viennent écraser le faible profit qu’il reste à l’exploitant. Ainsi la Terre d’appauvrie, les cultures s’affaiblissent et demandes de plus en plus d’eau, d’engrais et de produits chimiques. Ce qui contribue à nouveau à abimer la Terre, les cours d’eau et toutes les formes de vie dépendant de ces écosystèmes.

« Au début de cette aventure, il a été facile aux conformistes de l’agronomie de donner de nous (agronomes écologistes) une image péjorative. A présent, nous ne sommes plus agressés car nos réalisations plaident pour nous mieux que les meilleurs avocats… Il nous reste cependant à trouver notre place dans le monde. Une chose est sure : nous n’avons pas besoin de votre croissance économique car elle est une équivoque, elle nous a ruinés et continuera de ruiner la planète »

Citation p225

Existe-il une place pour les personnes qui souhaitent écouter la terre tout en continuant à vivre en jouissant des avantages matériels du « système économique » ? Est-ce tout ou rien ? ou est-ce que le monde est forcé de travailler pour gagner son moyen de subsistance et risquer de mourir de faim ? « Bien sûr, trop de monde sur la planète, et un procès implicite ou explicite en direction des pays sous-développés. Cela aussi n’est-il pas la conséquence des égoïsmes et de ce que vous appelez l’ordre mondial qui n’a jamais été que le désordre établi par les plus voraces ? Il y a assez d’eau, de terre, de végétaux, d’animaux et de minéraux, d’énergie et de pensée, pour satisfaire les besoins d’innombrables humains. Mais la civilisation du gâchis a profané toutes ces choses. De n’avoir rien géré avec humanisme, il faut à présent de l’humanitaire, avec toutes les perversions qui l’escortent »

Citation p227

Il n’y a pas de retour possible. L’harmonie qui s’est installée d’elle-même depuis la nuit des temps en fonction des conditions de vie sera très difficile à retrouver si elle continu à être bouleversée par l’action de l’Homme. Et le dons ne suffira pas à éliminer notre mauvaise conscience.

Ce qu’il faut retenir en terme de pratique responsable

La Terre vie sur un équilibre fragile qui dépend pour sa survie du bon vouloir des Hommes. Cela semble en sens unique alors que l’Homme à totalement besoin de la Terre pour sa survie. En premier pour son alimentation, sa sécurité alimentaire. Et en deuxième lieu pour les entrants de ses industries, chimiques, cosmétiques, pharmaceutiques, …

La question reste évidement une question environnementale. Cependant il semble que cela ne puisse pas être traité comme tel car la Terre est l’objet de toutes les convoitises.

Les modèles économiques des entreprises sont actuellement en conflit d’intérêt avec le respect des écosystèmes qui garantissent une Terre de qualité. Et seule une société civile active peut la défendre.

Analyse systémique

En 1, l’agronomie écologique est fondamentalement une question qui touche les communautés et le développement local.

En 2, Les difficultés d’établissement de ce droit proviennent des pratiques déloyales actuelles et,

En 3, des modes de gouvernance;

Cela impact fortement en 4, l’environnement; et favorise en 5, des violations des droits de l’Homme;

L’agronomie écologique permettrait d’améliorer, en 6, les conditions et les relations de travail et, en 7, les relations avec les consommateurs.

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Synthèse de l’analyse

Tous les secteurs d’activités sont liés au sol, à la terre. Mais les acteurs de ces secteurs d’activités semblent incapables de s’autoréguler. Ils sont attentistes de mesures publics. Et pour cause, la terre, plus précisément, les services rendus par les écosystèmes naturels, ne rentre pas dans le bilan comptable annuel.

Cet élément est transparent. On ne sait pas si c’est un actif ou un passif. On ne sait pas si les services rendus par les écosystèmes rapportent ou coûtent de l’argent aux activités économiques humaines qui les utilises.

Il est donc essentiel que pour conserver notre liberté, que chaque individu, chaque entreprise s’interroge sur sa dépendance aux services rendus par les écosystèmes. Déterminer la nature et l’importance de cette dépendance semble essentiel. Ensuite les choses seront plus limpides, plus compréhensible et l’équilibre entre l’Homme et son Environnement pourra enfin s’établir.

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